Historique :
 

Construite en 1898 pour alimenter en eau le château de la Villaine, cette éolienne pompait l’eau dans un puits de 6 m de profondeur, celle-ci était refoulée sur une hauteur de 30m jusqu’à un château d’eau situé à proximité de cette demeure, permettant d’équiper cette propriété en eau courante avec ses dépendances et ses jardins attenants.

 
Cette éolienne a fonctionné jusqu’à la fin des années 1950, des incidents mécaniques étant survenus à cette époque, il fut alors installé une pompe actionnée par un moteur thermique pour la remplacer, cette éolienne fut délaissée et pratiquement oubliée, sans la volonté du Conseil Municipal et du propriétaire de l’époque cette merveille du passé aurait été réduite à l’état de ferraille en quelques décennies.
 
Le 8 février 2000 la commune d’Esvres a fait l’acquisition pour le franc symbolique de cette éolienne auprès du propriétaire de la Villaine.
L’acte de cette acquisition prévoit :
 
« A titre de condition particulière de la présente vente, la commune acquéreur aura l’obligation de ce qui est accepté pour elle par M. Turco es qualité, de remettre en état l’éolienne et le petit bâtiment rond attenant faisant partie de la présente acquisition, ainsi que de la repeindre et ce dans les meilleurs délais. Par contre, elle n’aura aucune obligation de la remettre en état de fonctionnement »
 
(En résumé, c’était un sablage de l’éolienne suivi d’un coup de pinceau et une remise en état du bâtiment attenant)
 
 
 
 
La commune d’Esvres a donc décidé d’inscrire au budget 2004 la remise en état de l’éolienne, aidé en cela par la Région et le Conseil Général pour sauvegarder cet ouvrage remarquable du patrimoine communal.
 
Cette éolienne fait partie du paysage de notre commune, beaucoup de ces éoliennes aujourd’hui sont perdues et si quelques unes peuvent être encore sauvées, dans 1ou 2 décennies il sera trop tard à cause des caprices du temps mais encore plus par le manque d’intérêt .
 
Quelques éoliennes ont été épargnées mais en définitive très peu, la raison en est double : La plupart appartiennent à des propriétaires privés et le coût d’une telle restauration reste tout de même élevé.
 
En ce début du XXIème siècle où se développe les énergies dites de "substitution", l'autre motivation de la municipalité est de porter à la connaissance de nos concitoyens le savoir faire des générations passées en matière d’énergie éolienne.
 
 
     
 
Qu’est qu’une éolienne « Bollée ?
 
A l’époque où celle-ci fut conçue, l’éolienne avait une forme familière à tous les amateurs de westerns américains avec un simple rotor à pales multiples au sommet d’un pylône de bois ou de fer.
 
La famille Bollée développa une turbine à vent en 1868, montée sur une colonne centrale de fonte maintenue par des haubans; cette colonne était munie d’un escalier en spirale permettant d’accéder à la partie supérieure ; cette éolienne avait la particularité d’être équipée d’une turbine comprenant un rotor et un stator.
 
Comment fonctionne-t-elle ?
 
 
 
Bien qu’une éolienne Bollée semble compliquée, son fonctionnement en est assez simple, le vent traverse les déflecteurs statiques pour faire ensuite tourner le rotor actionnant les pompes par une transmission à engrenages. Le secret du succès de cette éolienne réside dans un petit rotor de pivotement connu sous le nom de « papillon d’orientation » qui positionne la turbine dans le sens du vent, c’est en quelque sorte le pilote de l’éolienne.
 
 
 
 
Qui conçut et fabriqua cette éolienne ?
 
Les Bollée, une famille de fondeurs de cloches itinérants qui s’était établie au 19 ème siècle au Mans, ainsi qu’à St Jean de Braye (localité proche d’Orléans)
 
Le fondateur de la dynastie du Mans, Ernest-Sylvain avait fait breveter un bélier hydraulique en 1857 et une turbine à vent en 1868. La première vente d’une éolienne Bollée fut signée en 1872.
 
Qui acheta ces éoliennes ?
 
 
 
 
Le développement des éoliennes Bollée coïncide avec la prise de conscience que l’eau était une ressource précieuse, ce besoin fut exprimé plus fortement par la bourgeoisie française désireuse d’alimenter en eau courante leurs propriétés, les dépendances, les jardins, jets d’eau, fermes etc.…c’était en quelque sorte une adhésion au modernisme en cette seconde partie du 19ème.
 
 
 
 
Bien que cette machine soit d’un coût excessif, cette critique était battue en brèche par la durée de vie de cette éolienne qui excédait les 70 ans.
 
     
 
En 1894, 212 éoliennes Bollée sont déjà construites ; elles sont installées dans 36 départements et 5 pays ; La Touraine à cette époque est le département qui en compte le plus grand nombre puisqu’on en dénombre 45 et que sur ces 45 éoliennes, 32 sont installées dans un château et les quelques autres par des municipalités pour alimenter des fontaines publiques et des lavoirs.
 
     
  Au total il y eut près de 60 éoliennes Bollée ou Lebert d’installées en Touraine.  
     
  Visites de l’éolienne  
     
 
Les travaux de restauration de l’éolienne ont commencés en décembre 2004, l’ASPE a suivi tous les travaux de remise en état puis a signé une convention avec la municipalité d’Esvres pour assurer son entretien et mettre en place des visites guidées et commentées de cet édifice
 
Ces visites débutent au mois de mai et se terminent en octobre chaque week end aux heures suivantes :
 
« Le samedi 10h30 lors de la mise en fonctionnement et le dimanche à 18 h 00 lors de son arrêt ». Ces visites sont assurées par des bénévoles de notre association.
 
En dehors de ces heures et sur rendez vous, des visites peuvent être faites ponctuellement pour un groupe de visiteurs qui le désire.
 
Une fiche descriptive est disponible pour les visiteurs rédigés en français, allemand, italien, anglais et japonais, fiches réalisées avec le concours des membres du comité de jumelage.
 
Participation au concours « Les rubans du patrimoine 2007 »
 

L’A.S.P.E a participé au concours organisé par,

AMF (Association des maires de France),
FFB (Fédération Française du Bâtiment),
DEXIA (Crédit local),
La Fondation du Patrimoine

 
 
     
 

Le 10 janvier 2008, la Municipalité d’Esvres a obtenu un prix départemental constitué d’une plaquette et d’un diplôme pour : «La restauration et la mise en valeur d’une éolienne du 19ème siècle et de son bâtiment attenant »

 
     
 
     
     
 
     
     
  Pour en savoir plus :  
     
 
« Les éoliennes Bollée » par André Gaucheron et J. Kenneth Major .
Edité par : F.F.A.M. Fédération Française des Amis des Moulins.
 
     
  Les éoliennes Bollée et Lebert de la Touraine (en cours de réalisation)  
     
  Téléchargements :  
 
         
         
 
     
  Lien à découvrir :  
     
  http://www.bollee.fsnet.co.uk (en français et anglais)  
     
  http://perso.wanadoo.fr/fnj/ASPE